Le rapport IRES sur les jeunes européens dans la crise, nous indique que la situation d'emploi des jeunes au Royaume Uni s'est plus fortement dégradée qu'en France depuis 2008. Pour ne citer qu'un chiffre, les jeunes NEET (Non in Education, Employment nor Training) y représentaient notamment 17% des jeunes de 16 à 24 ans à la fin 2011 (12,4% en France en 2009).
Dans ce contexte et tout comme en France, le gouvernement britannique voit dans l'alternance un élément pertinent de formation et d'intégration des jeunes dans l'emploi. D'autant que, tout comme la France encore, le Royaume Uni a une longue histoire en matière d’alternance. En 2009-2010, les entreprises britanniques on signé 280 000 contrats d’alternance, ce qui est toutefois, proportionnellement à la population active, de 30% inférieur à la France (qui en signait 431 000 la même année.).
La politique britannique de déploiement de l'alternance s'est concrétisée par la création au début de l'année 2009 du « National Apprenticeship Service », dont l'objectif premier est de développer le nombre d’entreprises accueillant des alternants. En tant qu'administration publique nationale, le NAS a la responsabilité globale de la promotion, de l’organisation, du financement et de la valorisation de l’apprentissage pour l’ensemble du Royaume Uni, ce qui implique tout un éventail de services déployés tant auprès des employeurs, qu’auprès des candidats à l’alternance et des alternants.
Le NSA a particulièrement travaillé sur la cible PME-PMI et a lancé rapidement un programme qui finance à hauteur de 7 millions de Livres Sterling (8.4 M€) une douzaine d’organismes pour qu'ils mettent en place des Agences de l’Apprentissage (Apprenticeship Training Agency - ATA) et des Centres de Compétences pour l’Apprentissage (Group Training Association - GTA).
Le modèle ATA a été essentiellement conçu pour répondre à la demande de petites entreprises qui souhaitent prendre un apprenti, qui n’ont pas la possibilité, dans le contexte de crise, d’assurer une période d’apprentissage complète mais qui auront probablement besoin de salariés qualifiés en période de nouvelle croissance. Les ATA assurent donc le recrutement de jeunes apprentis qui répondent au besoin de ces entreprises, elles les emploient, les rémunèrent et en assurent le suivi durant leur parcours - notamment en anticipant et organisant le passage d’une entreprise d’accueil à une autre durant le parcours de formation. Les GTA fournissent, quant à eux, des programmes collectifs de formation des employeurs à l’intégration et au tutorat des alternants qu’ils accueillent.
Ce programme a fixé aux ATA/GTA des objectifs d’accueil de jeunes de 16 à 18 ans, correspondant au total à 14 000 parcours d’apprentissages sur trois ans qui doivent être ouverts dans les secteurs d’activités considérés comme stratégiques pour la croissance économique du pays (ingénierie, fabrication industrielle, logistique, emplois verts,…). Le NSA a par ailleurs rédigé un cadre normatif d'intervention pour assurer la même qualité d'apprentissage à ce modèle qu'au modèle classique, un cadre censé évoluer sur la base de l'évaluation des agences pilotes et des retours d'expérience des différents acteurs concernés.
Les auteurs de la loi Cherpion, votée l'automne dernier en France et qui autorise les entreprises de l'intérim à mettre en place des dispositifs d'apprentissage, ont d'une certaine manière suivi la même idée. Force est de constater cependant que l'initiative britannique est à la fois particulièrement pro-active, structurée et réaliste dans ses objectifs, en vue d'assurer des résultats tant sur le plan quantitatif que qualitatif. Une bonne raison donc pour suivre de près cette initiative (notamment pour nos entreprises de travail temporaire engagées auprès des jeunes) et la manière dont le NSA va poursuivre et structurer sa stratégie d'intervention auprès des PME, sur la base de la première évaluation faite l'automne dernier de ces expériences "pilotes". Dans un rapport sur "Youth Unemployment - A million reasons to act?" publié en novembre dernier, le "Centre for Economic and Social Inclusion" préconise en tout cas l'extension du modèle.
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Image: Diffusée sur @Wakefieldcolleg
Dans la même logique qualité des Britanniques concernant l'intégration professionnelle des jeunes je vous rappelle le programme "Turning work experience into work inspiration"

