A Philadelphie, on marche sur les traces de Ben Franklin, comme on marche sur celles de Joyce à Dublin.
En fait, Franklin était originaire de Boston où il apprit, dès l'âge de 12 ans, le métier d'imprimeur, auprès de l'un de ses frères. Il partit à New York à 17 ans et, à défaut d'y trouver du travail, continua jusqu'à Philadelphie, sur le conseil d'un imprimeur qui savait que son fils, installé là-bas, cherchait un employé.
Franklin était non seulement un inventeur (on le sait pour le paratonnerre et le poêle à bois, moins pour l'harmonica de verre et les lunettes à double foyer ) mais un entrepreneur, un innovateur social, et aussi un homme de "réseaux" et d'engagement - ce qui l'amena à la carrière politique et diplomatique que l'on sait*. A Philadelphie, il fonda rapidement sa propre imprimerie, lança ce que nous appelons aujourd'hui un "thinktank" philosophique et eut l'idée de mettre les livres de ses membres en commun, créant ainsi la première bibliothèque municipale. Il y ouvrit aussi le bureau de poste, créa une compagnie de pompiers, une compagnie d'assurances et fut aussi, un peu plus tard, à l'origine de la première université de Pennsylvannie.
A l'entrée du petit musée de l'American Philosophical Society on trouve un manuel de poche intitulé "Ben Franklin's Guide to Wealth - Being a 21st Century Treatise on What it Takes to Live a Rich Life". Les auteurs y reprennent nombre d'aphorismes énoncés par Franklin dans l'almanach de Poor Richard et dans son " The way to Wealth", et ils commentent, de façon certes un peu simpliste mais néanmoins intéressante, ce que nous pouvons en apprendre aujourd'hui. Sur des questions hautement actuelles que sont l'organisation de nos temps, l'usage efficace de nos ressources, le sens de l'effort, de la simplicité, la préoccupation du futur...
Car en ces temps de crises multiples, il semblerait que Franklin redevienne une référence explicite aux USA et il pourrait ma foi le devenir ailleurs aussi, avec profit.
Président de AHC Group (grand cabinet New Yorkais de conseil en RSE pour les entreprises) Bruce Piasecki est par exemple, lui aussi, un "groupie" de Ben Franklin. Dans son dernier ouvrage, Doing More With Less, il reprend les pensées du philosophe sous la forme de règles à suivre par nos entreprises, assurant que par les temps qui courent, elles et nous serions tous bien avisés de suivre l'exemple du grand homme, en termes de frugalité, d'inventivité et de diplomatie.
Et il se pourrait bien qu'il fasse vite des émules. A bonne preuve, cette jolie nouvelle et ces termes choisis par le Los Angeles Times, pas plus tard qu'avant hier: "In what could be a disruptive technology for the ketchup industry, a MIT professor has found a solution to getting the last sticky globs of ketchup (or honey or jelly) out of a bottle." Magnifique!
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Aux curieux d'histoire et avides d'inspiration à la source, je recommande: Franklin - Autobiography, Poor Richard, and Later Writings. Annotés par J.A. Leo Lemay. The Library of America (non profit publisher). 1997 (New York).
Photo: L'American Philosophical Society à Philadelphie

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