A la une du New York Times du 21 mai: "Les hommes américains sont de plus en plus nombreux à investir les secteurs professionnels dominés par les femmes".
Une tendance qui aurait émergé bien avant le crash financier et la crise, nous dit le quotidien, et qui serait déterminée par une variété de facteurs, dont les problèmes économiques, mais aussi les questions de qualité de vie et l'érosion progressive des stéréotypes de genre. Selon une analyse du journal, entre 2000 et 2010, les métiers majoritairement féminins (+ 70% de femmes) répondent de presque un tiers de l'accroissement de l'emploi masculin, ce qui est deux fois plus que durant les années 90.
Cette tendance est d'abord apparue sur des métiers non qualifiés, mais s'est ensuite étendue à des métiers qualifiés, exigeant une formation spécifique comme celui de nurse ou d'institutrice. Durant les années 70 à 90, les hommes qui prenaient des emplois majoritairement féminins n'étaient pas qualifiés; c'étaient des immigrés, non anglophones, qui n'avaient pas d'autres choix. Aujourd'hui, le mouvement s'est particulièrement accentué parmi les jeunes hommes blancs, de niveau bac+2 (college educated).
Selon le quotidien, si la crise a poussé de plus en plus de jeunes hommes à aller chercher des emplois plus stables dans des secteurs en croissance majoritairement féminins, rien ne permet de penser que le mouvement s'inversera une fois la crise surmontée. Nombre de jeunes hommes interviewés prétendent que les métiers féminins ne sont plus autant stigmatisés qu'auparavant, et qu'ils ont tout autant choisi leur métier parce qu'il leur apporte plus de satisfactions, moins de stress et plus de temps à consacrer à leur famille. Et les chercheurs de constater qu'il y a une nette interaction entre la manière dont les rôles changent dans la sphère familiale entre les hommes et les femmes et les choix que font les hommes en matière de vie professionnelle.
Pour autant, s'agissant des salaires et de la carrière, rien ne bouge vraiment: les études montrent que les hommes sont toujours mieux payés que les femmes dans ces métiers majoritairement féminins et qu'ils évoluent plus vite dans la hiérarchie - empruntant ce que les chercheurs appellent "l'escalator de verre". Car sur ce terrain-là, je pense, ce ne sont passeulement la distribution des rôles et les stéréotypes qui coincent mais bien d'abord les pouvoirs en place dans les organisations...
L'intégralité de l'article en anglais ici et quelques interviews vidéo là.

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