"Il n'y a que ceux qui ne font rien qui ne se trompent jamais". C'est ainsi que ma mère commentait souvent mes erreurs et celles des autres.
A y repenser, ce n'était finalement pas si banal, dans une société et une culture où, le moins qu'on puisse dire, reconnaître son erreur ou tolérer celle de l'autre n'est pas monnaie courante... Et j'y repense, en parcourant le court article d'un professeur et chercheur de la Wharton School, Paul Shoemaker, sur comment faire de brillantes erreurs.
Shoemaker qui a beaucoup travaillé et a récemment publié un ouvrage sur le sujet*, rappelle que le génie d'une entreprise n'est pas d'éviter les erreurs mais bien plutôt de savoir en tirer des avantages. Il nous parle d'une entreprise d'Ann Arbor, dans le Michigan, qui réunit mensuellement ses managers pour qu'ils partagent leurs erreurs, et qui décerne l'Oeuf d'Or du mois à celui ou celle qui a su en tirer les meilleurs leçons et profits. Et Shoemacher de nous révéler que si lesdits oeufs ont étés pendant un certain temps cachés au fond des tiroirs, ils seraient maintenant exhibés avec fierté le mois durant sur le bureau du gagnant - occasionnant de fructueux échanges avec visiteurs et collègues.
La Wharton School a repris l'idée, qui organise cette année "The brilliant mistakes contest": un concours de ces bourdes qui ont apporté une illumination et de l'innovation dans l'entreprise - à la manière de l'apprenti patissier de Cambrai. Avec à la clé une formation 'executive' et la participation à divers événements VIP de l'école - c'est à dire de quoi élargir son réseau.
Anecdotique et bien américain dans le style? Peut-être. Mais cela nous dit quand même aussi quelque chose sur nos différences s'agissant de nos cultures organisationnelles, de "l'entrependre" et de l'innovation.
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* Schoemaker P. 2011. Brilliant Mistakes: Finding Success on the Far Side of Failure. Wharton Digital Press (aussi en format Kindle)


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