Alors que d'aucuns se félicitent ou réjouissent que la semaine pour l'emploi des 'personnes en situation de handicap' (je persiste et signe pour n'employer que ce concept) remporte un succès croissant, la DARES et l'AGEFIPH nous ont informés sur ce qui à mon avis doit déterminer notre jugement et nos émotions sur le sujet, à savoir la situation concrète d'emploi de ces personnes (dans les établissement "assujettis à l'obligation d'emploi" c'est à dire de 20 salariés et plus).
Quelques chiffres donc, que je ne commenterai pas, d'autant que plusieurs net-auteurs ont eu le temps d'en parler avant moi et notamment l'Atelier de l'emploi - Manpower qui a sorti ce matin une note détaillée et riche d'informations à ce sujet.
Le rapport de la DARES (statistiques 2009) nous dit que:
> Les salariés en situation de handicap directement employés dans les établissements assujettis représentaient 2,7% des effectifs des établissements assujettis.
> Un quart de ces établissements n’employait encore directement aucune personne en situation de handicap ou n’est pas couvert par un accord spécifique en 2009, contre 34 % en 2008.
> "A périmètre constant", c'est à dire sans tenir compte des augmentations créées par le nouveau système de décompte introduit en 2008 - le nombre de personnes en situation de handicap employées dans les établissements assujettis a progressé de 7,9% en 2009 (il avait augmenté de 8% l'année d'avant).
> Les nouveaux bénéficiaires ont été plus souvent recrutés en CDD (33 % contre 13 % en 2008). Les recrutements en CDI, toujours majoritaires, sont moins fréquents (44% contre 49 %). Et lorsqu’ils sont recrutés en CDI, c’est beaucoup plus fréquemment à temps partiel (45 % contre 20 % pour l’ensemble des nouveaux embauchés).
Plus alarmante, l'AGEFIPH (statistiques 2010) indique que:
> Le chômage des personnes en situation de handicap a augmenté deux fois plus vite que celui de l’ensemble de la population,
> 53% des personnes en situation de handicap inscrites à Pôle Emploi le sont depuis plus d’un an et 30% depuis plus de deux ans. Le temps d'inscription est pour les personnes en situation de handicap en moyenne plus long de 50% que pour l'ensemble des demandeurs d'emploi.

