La crise a brouillé les pistes et certains esprits, dans les débats sur l'évolution de l'emploi et notamment des perspectives d'emploi des jeunes. C'est pourquoi il peut être utile pour tous, acteurs du marché du travail, professionnels de l’orientation et de la formation, jeunes et autres demandeurs d’emploi, de se rappeler le travail régulier de prospective sur les métiers et les qualifications qui est fait par le groupe du même nom dans le cadre d'une collaboration entre Centre d'Analyse Stratégique (ancien Commissariat au Plan) et Dares. Et de prendre aussi connaissance des analyses publiées annuellement dans ce cadre sur l'évolution des métiers.
Que nous disaient les différents rapports de prospective sur l'emploi et sur les métiers à l'horizon 2015, rendus publics en 2002 et en 2005? Qu'à l'horizon 2015, sur la base des réalités démographiques, on aurait pour la première fois autant d'emplois libérés que de jeunes en recherche d'emploi, voire même un certain déficit démographique. Mais que la structure des emplois offerts seraient profondément modifiée sous l'effet en premier lieu des évolutions technologiques et de la mondialisation de l'économie: Tiertiarisation de notre économie, développement des métiers des services, de l'informatique, de la logistique, augmentation du niveau de formation et de qualification des emplois. Il en ressortait une nécessité d'accompagner les entreprises et des personnes pour que cette évolution annoncée ne se traduise pas par des difficultés de recrutements faute de candidats qualifiés et/ou de conditions de travail attractives.
Et que nous dit maintenant la DARES sur les emplois et les métiers en 2009 dans le rapport qu'elle vient tout juste de publier? Que certes la crise économique a provoqué une forte baisse de l’emploi dans de nombreux secteurs et une chute générale des tensions sur le marché du travail. Mais qu'elle n’a pas remis en cause les principales tendances projetées à l’horizon 2015, qu'elle a pu seulement les amplifier ou les atténuer temporairement selon les métiers. Les métiers qui ont bien résisté sont essentiellement des métiers de services, sachant que certains métiers industriels qui ont fortement subi la crise ont progressivement rebondi.
S'agissant du chômage des jeunes, un récent rapport du BIT nous confirme qu'il se révèle plus sensible à la crise que celui des adultes et que la reprise du marché de l'emploi pour les jeunes, hommes et femmes, devrait être en retrait par rapport à celui des adultes. En Europe, depuis le début de la crise économique et financière, le nombre de jeunes à la recherche d'un emploi est passé de 4 à 5 millions , le taux de chômage des jeunes y approchant désormais les 21%. Pour bon nombre d’entre eux, les possibilités d’embauche sont toutefois limitées même à l'issue de la crise parce qu’ils ne possèdent pas les qualifications requises. C'est sur ces bases que la Communauté Européenne a lancé le mois dernier, son vaste programme "Jeunesse en mouvement" pour aider les jeunes à acquérir les connaissances et l'expérience dont ils ont besoin pour décrocher un premier emploi. L'objectif est d'améliorer la qualité de l’éducation et de la formation en Europe, de réduire le nombre des jeunes en décrochage scolaire et d’accroître la part des jeunes dans l’enseignement supérieur, afin de bien les préparer aux exigences actuelles du marché de l’emploi. On reconnait là les thèmes prioritaires d'action des acteurs qui, au niveau national, se préoccupent et travaillent sur le terrain à l'accès présent et futur des jeunes à l'emploi.

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